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L’Instrument Financier pour l’Environnement (LIFE) a été créé en 1992 avec l’objectif général de : « contribuer à la mise en œuvre, à la mise à jour et au développement de la politique et de la législation environnementale de la Communauté Européenne».

L’objectif spécifique des LIFE-Nature est de contribuer à l’application de la législation européenne en matière de protection de la nature, c'est-à-dire à l’application des Directives « Oiseaux » (79/409/EEC) et « Habitats » (92/43/EEC), et plus particulièrement au développement du réseau « NATURA 2000 » qui vise la conservation et la gestion des espèces animales, des espèces végétales et des habitats les plus remarquables d’Europe.

Les LIFE-Nature sont des projets de conservation de la nature qui contribuent à maintenir ou à restaurer les habitats naturels et/ou les populations d’espèces dans des statuts de conservation favorables. Ces projets doivent concerner des Zones de Protection Spéciales (ZPS) ou des sites et des espèces de la Communauté européenne citées dans les Directives européennes.

L’Union Européenne a alloué environ 300 millions d’euros pour les programmes LIFE-Nature entre 2000 et 2004. Le taux de cofinancement de l’UE s’élève jusqu’à 50 % des coûts. Cependant, pour les projets qui concernent des habitats prioritaires ou des espèces prioritaires des Directives européennes, l’UE peut financer jusqu’à 75 % des coûts éligibles.

LIFE est un instrument financier pour l'Environnement
mis en place en 1992 par l'Union Européenne.

Pour plus d'informations : LIFE - Europe

 

Le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie et l'Union Européenne vous informent de l'avancement du projet LIFE-Nature, débuté en août 2006, intitulé :

"Sauvetage de Viola hispida et Biscutella neustriaca en Val de Seine"

Découvrez l'actu du programme

 

Viola hispida et Biscutella neustriaca sont deux espèces endémiques (se dit d'une espèce ou d'un taxon qui ne se rencontre qu'en un lieu ou une région donnée. L'endémisme peut se situer au niveau de l'espèce ou du taxon ou d'une région plus ou moins étendue) des pierriers et des pelouses du val de Seine, situés uniquement en région Haute-Normandie. Ces deux espèces exceptionnelles (prioritaires au titre de la Directive "Habitats", protégées nationales en France et inscrites à l’annexe I de la Convention de Bernes), sont actuellement en voie d’extinction. Leur disparition est essentiellement due à la régression de leurs habitats, à la petite taille de leur population, au faible nombre d’individus par station et à leur éloignement. L’objectif principal de ce projet est d’assurer le maintien sur le long terme de la Violette de Rouen (Viola hispida) et la Biscutelle de Neustrie (Biscutella neustriaca) dans le milieu naturel.


Le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie (Conservatoire des Sites) et le Conservatoire Botanique National de Bailleul (Conservatoire Botanique) proposent d’associer leurs connaissances et leurs compétences complémentaires pour mener à bien cet objectif. Les travaux envisagés pour ce présent programme LIFE-Nature reposent essentiellement sur les connaissances acquises lors d’un précédent LIFE-Nature "Espèces prioritaires, pelouses et éboulis du bassin aval de la Seine" (LIFE99NAT/F/6332), mené par le Conservatoire des Sites avec la collaboration, entre autres, du Conservatoire Botanique. Les études et travaux expérimentaux, alors menés, ont permis de préciser la répartition, l’écologie et les besoins vitaux des deux espèces, puis de définir les opérations concrètes de gestion indispensables à leur sauvegarde. A ce jour, 8 stations, très localisées et de faible superficie, présentent encore des individus de Viola hispida. Seulement 4 semblent viables à moyen terme. Les populations de Biscutella neustriaca sont plus étendues, mais très morcelées. Les stations, au nombre de 47 sont relictuelles. Elles présentent des effectifs très réduits et sont distantes les unes des autres.


Face à la situation très critique des deux espèces, les deux Conservatoires n’envisagent pas dans un premier temps de recréer leur aire de répartition historique, mais de s’appuyer sur les noyaux existants pour aboutir à un ensemble de populations composées de stations pérennes. La surface totale des différentes populations, définie sur la base des stations actuelles, anciennes ou potentielles, et des distances minimales nécessaires entre les stations, constitue la superficie du projet, soit 130 ha. Il se répartit en trois noyaux, sur deux sites Natura 2000. Le territoire proposé est majoritairement composé de milieux ouverts des coteaux crayeux : pelouses calcicoles, pierriers et éboulis, en différents états de conservation. Ces milieux présentent une très haute valeur patrimoniale, en tant qu’habitats des deux espèces concernées par le projet, mais également en tant que tels. Ils comptent notamment, 4 habitats éligibles au titre de la Directive "Habitats", dont trois sont prioritaires.

La stratégie de conservation des deux espèces repose sur deux aspects : d’une part l’intervention directe sur les stations des espèces, d’autre part le rétablissement d’un continuum écologique entre les stations, permettant d’assurer les échanges entre individus.



Les interventions sur les stations diffèrent sensiblement selon l’espèce considérée, dans la nature des travaux, mais les objectifs sont les mêmes. Ils consistent à favoriser l’augmentation des effectifs et du nombre de stations au sein des populations actuelles. Les différents moyens prévus sont les suivants :
- une gestion propice des habitats des stations actuelles. En ce qui concerne Viola hispida, pionnière stricte des pierriers mobiles, les travaux se composeront essentiellement d’arrachage manuel de la végétation et d’écorchage superficiel du sol (7 stations sont concernées). Pour Biscutella neustriaca, post-pionnière des pelouses écorchées, des travaux expérimentaux de fauchage sélectif et de pâturage ovin extensif bisannuel menés sur de grandes surfaces sont prévus (35 stations sont concernées). Ces travaux se feront dans des conditions très difficiles (fortes pentes, milieux fragiles et instables), ils requièrent de ce fait une technicité et des moyens importants.

Création de nouvelles stations par la restauration de sites potentiels, avec les mêmes travaux que ceux précédemment cités (10 nouvelles stations sont envisagées).

Introduction d’individus pour renforcer des populations de faibles effectifs ou pour constituer de nouvelles populations, lorsque les travaux de restauration n’auront pas donné de résultats satisfaisants. Cette démarche nécessite des études scientifiques préalables qui ont déjà été entamées au cours du premier LIFE, mais qui seront ici complétées par une étude génétique.
Création
d'ouvertures au sein de zones boisées ou embroussaillées (surface concernée : 8 ha) et réalisation d'opérations de pâturage afin de maintenir des formations de pelouses rases (surface concernée : 50 ha).
Les travaux se dérouleront en majorité sur des terrains dont le Conservatoire des Sites maîtrise le foncier soit sous la forme de conventions de gestion soit en tant que propriétaire. Cependant, le Conservatoire des Sites compte étendre cette maîtrise aux stations actuelles et anciennes qu’il ne possède pas. Ces terrains représentent environ 6 ha, qui seront acquis ou conventionnés hors financement LIFE. La maîtrise de ces terrains permettra de garantir le suivi de la gestion des stations sur le long terme. Par ailleurs, afin de protéger durablement les sites, la mise en place de protections réglementaires (type Réserve Naturelle ou Arrêté de biotope) sera recherchée.



Afin de garantir pleinement la réussite du projet, la population et les acteurs locaux seront pleinement associés à la démarche, par le biais d’opérations de sensibilisation ciblées selon les publics (plaquettes, visites de terrain, panneaux d’information sur sites). Par ailleurs, les résultats de cette expérience originale et pouvant permettre la sauvegarde d’espèces en voie d’extinction feront l’objet d’une diffusion importante.
Au terme du projet, il s’agit de créer sur des sites protégés, gérés et correspondants parfaitement à l’écologie des deux espèces endémiques, plusieurs populations d’effectifs suffisamment importants pour assurer la survie de ces espèces exceptionnelles au cours des temps à venir.

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Les sites gérés par le Conservatoire inscrits à ce programme :

Belbeuf, Les coteaux de Saint-Adrien,

Romilly-sur-Andelle, la Côte des Deux Amants,

Amfreville-sous-les-Monts, les coteaux d'Amfreville,

Le Thuit et la Roquette, Les coteaux du Thuit la Roquette,

Les Andelys, la Côte Saint-Jacques.

FINANCIERS

Union Européenne - Commission Environnement LIFE

DIREN - Direction Régionale de l'Environnement

Région Haute-Normandie

TECHNIQUES

Conservatoire Botanique National de Bailleul

Laboratoire de Génétique et Evolution des Populations Végétales (GEPV)


Viola hispida


La Violette de Rouen est une espèce floristique endémique de la vallée de la Seine. C'est une plante annuelle à vie courte. Elle pousse sur la craie nue des éboulis instables des environs de Rouen.

Cette petite pensée possède un système racinaire chevelu, assurant son ancrage dans un sol mobile. De plus, ce système lui permet de capter les faibles ressources en eau.

La Violette de Rouen est menacée par la stabilisation des pierriers, et par la concurrence avec d'autres plantes ... On n'en compte plus que quelques pieds aujourd'hui.

Le Conservatoire gère la quasi totalité des populations sauvages de Violette de Rouen.


Petite pensée de couleur violette, elle est appelée Violette de Rouen car ses stations historiques sont situées autour de Rouen. D'ailleurs, son ancien nom latin est "Viola Rotamagus", qui est l'éthymologie latine du nom de la ville de Rouen.

Son nom scientifique actuel, Viola hispida, vient du latin "hispide" qui signifie "poilu", faisant référence aux petits poils situés sur sa tige.

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Biscutella neustriaca


Tout comme la Violette de Rouen, la Biscutelle de Neustrie est une espèce endémique de la vallée de Seine.

La Biscutelle affectionne les pelouses calcaires, sur sol écorché ou éboulis stabilisés, et présente une aire de répartition strictement limitée au département de l'Eure. La gestion de son habitat consiste à limiter, voire éviter l'envahissement du milieu par d'autres plantes.


Le nom de Biscutelle est utilisé par les botanistes en référence à son nom latin, Biscutella : "deux écus".

Elle est également appelée Lunetière de neustrie, où le terme "Lunetière" rappelle la forme des fruits en paire de lunette.

Neustrie est tiré de l'ancien nom mérovingien d'un royaume qui comprenait la Normandie.

 

 

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CHANTIER D'ETREPAGE SUR LA COMMUNE DE BELBEUF

En décembre 2007, l'équipe technique a réalisé des travaux "d'étrépage" sur le coteau de Saint-Adrien à Belbeuf. Ces travaux sont effectués dans le cadre du programme LIFE, en vue de favoriser les populations de Violette de Rouen, espèce végétale endémique.

L'équipe technique du Conservatoire a travaillé sur le site des coteaux calcaires de Saint-Adrien dans le but de raviver les stations de Violette de Rouen via des travaux d'étrépage.

Etrépage

Arrachage à l'aide d'outils manuels (courtes pioches) des espèces végétales envahissantes (graminées, mousses...) afin de remettre à nu le sol. Cette opération a été réalisée sur d'anciennes stations de Violette de Rouen afin de remobiliser les éventuelles banques de graines du sol. Il convient de retirer le moins de matériaux crayeux possible avec les racines des végétaux. La fine craie, présente au niveau du chevelu racinaire, constitue un substrat de prédilection pour la Violette de Rouen.

Endémique

Se dit d'une espèce ou d'un taxon qui ne se rencontre qu'en un lieu ou une région donnée.


Auteur photos : J. Lointier - Station de Violette de Rouen

 


Avant de commencer les travaux d'étrépage, l'équipe sécurise le bord de route et dégage le bas de coteau et l'éboulis calcaire. Deux actions sont réalisées : débroussaillage / déboisement de la Clématite, espèce envahissante (espèce indigène ou locale qui se colonise un milieu au détriment d'autres espèces).

 


En mai 2007, l'équipe technique a découvert une ancienne station de Violette de rouen...elle avait disparu pendant quelques années et est réapparue par la suite. Avant de commencer les travaux d'étrépage sur l'éboulis, le responsable de site en collaboration avec l'équipe technique, a décidé de protéger la zone des éventuels éboulis terreux et crayeux qui pourraient endommager la station.
 
 

Les coteaux calcaires sont des milieux très pentus et les éboulis sont des habitats à sol instable....Dans ces conditions, l'équipe technique doit redoubler de prudence et prendre de ce fait des mesures de sécurité. Pour cela, ils s'attachent avec des harnais et des cordes.

 

Après avoir sécurisé les lieux et la station de Violette de rouen, les travaux d'étrépage sur l'éboulis calcaire commencent. En rouge est dessinée la zone étrépée et en jaune la zone protégée où se trouve une station de Violette de rouen.

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